CO129-214 - Public Offices & Others - 1883 — Page 326

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Journal des Delarts 16.

COLONIES FRANÇAISES

Jui

Cochinchine et Tonkin. - Le ministère de la marine communique aux journaux la liste des hommes tués et blessés dans l'affaire d'Hanol, telle qu'elle lui a été envoyée de Salgon, le 13 juin :

Tués. -- Equipage du Villars: Aubert, Gilles et Siam, matelots;

Equipage de la Victorieuse Bocoguaus, Ferrand, Hervern, Le Montagner, Leneur, Lesaux, Manach, Philet, Raoul, Uguen, Vassal, matelots;

Equipage du Léopard : Daves, gabier;

30 régiment d'infanterie de marine: Grapla, sergent-fourrier; Baby; Biscaya, Dubilfot, Garrault, Giraud, Laloue, Philippon, Pian, Seysset, soldats;

Soit en tout 26 soldats ou marins.

Le nombre des blessés est de 471 dont 15 appartenant à l'équipage de la Victorieuse, 8 à celui du Villars, 3 à celui du Léopard et 21 au 3e régiment d'infanterie de marine,

Aux dernières dépêches, M. Tricou, notre nouveau ministre en Chine, était toujours à Shanghai, où il poursuit les négociations avec le vice-roi.

Un correspondant du Temps rapporte que le vice-roi aurait dit à notre représentant que la Chine n'entendait nullement se mettre en hostilité avec la France et nous déclarer la guerre.

Sur quoi notre représentant aurait fait observer au vice-roi que, si des soldats réguliers chinois reparaissaient au Tonkin dans les bandes qui luttent contre nos troupes, ils s'exposaient, n'étant pas regardés comme belligérants, à subir le sort réservé aux bandes de pillards et à être passés par les armes.

Voici le texte de la sommation adressée par le commandant Rivière au gouverneur annamite de Nam-Dinh avant la prise de cette ville.

Monsieur le gouverneur,

Depuis un an, vous avez eu envers nous l'attitude la plus hostile, et vous avez armé votre citadelle, autant que vous l'avez pu, de soldats et de munitions.

Tout dernièrement, vous avez préparé des barrages que l'arrivée seule de nos bâtiments vous a empêché de faire. Depuis l'arrivée de nos bâtiments, vous avez encore augmenté vos armes et vos soldats, excité la population contre nous et proféré contre les Français des insultes et des menaces.

Vous avez fait tout cela sans avoir été provoqué par nous, car j'avais même recommandé à mes capitaines de bâtiments de ne pas s'apercevoir de votre mauvaise volonté et d'user toujours de courtoisie avec vous, et si vous n'aviez pas fait de barrages, je ne vous aurais pas demandé raison de vos autres actes,

La situation dont vous êtes seul la cause ne peut pas durer. Il faut, pour le respect qui nous est dû, pour la liberté de notre navigation, pour notre sécurité au Tonkin, pour que la paix ne soit plus menacée par vous, que la citadelle de Nam-Dinh soit désormais inoffensive pour nous, Et, pour cela, il faut que vous la remettiez entre mes mains.

La citadelle ayant dès lors cessé d'être une ennemie pour nous, nous pourrons vivre avec vous dans de bons termes et vous pourrez garder avec vos mandarins l'administration de la ville et de la province. Si vous acceptez ces conditions, vous aurez, vous et vos mandarins, le Thuan-Phu et le Quan-An, à venir me voir demain matin à huit heures.

Si vous n'êtes pas venu à bord, demain matin, à huit heures, de mon grand bâtiment blanc, je serai forcé de vous traiter en ennemi.

Le délai que je vous indique est court, mais vous devez avoir réfléchi depuis assez longtemps aux conséquences de votre conduite envers nous pour que vous ne soyez pas étonné du peu de temps que je vous laisse pour prendre une décision. De cette décision dépendra, entre nous, la paix ou la guerre.

Veuillez recevoir, etc.

Le commandant en chef des troupes françaises,

Signé: H. RIVIÈRE,

1863

C O.

10658

RECP

REGP 22 JUN 23/

321

S

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Journal des Delarts 16. COLONIES FRANÇAISES Jui Cochinchine et Tonkin. - Le ministère de la marine communique aux journaux la liste des hommes tués et blessés dans l'affaire d'Hanol, telle qu'elle lui a été envoyée de Salgon, le 13 juin : Tués. -- Equipage du Villars: Aubert, Gilles et Siam, matelots; Equipage de la Victorieuse Bocoguaus, Ferrand, Hervern, Le Montagner, Leneur, Lesaux, Manach, Philet, Raoul, Uguen, Vassal, matelots; Equipage du Léopard : Daves, gabier; 30 régiment d'infanterie de marine: Grapla, sergent-fourrier; Baby; Biscaya, Dubilfot, Garrault, Giraud, Laloue, Philippon, Pian, Seysset, soldats; Soit en tout 26 soldats ou marins. Le nombre des blessés est de 471 dont 15 appartenant à l'équipage de la Victorieuse, 8 à celui du Villars, 3 à celui du Léopard et 21 au 3e régiment d'infanterie de marine, Aux dernières dépêches, M. Tricou, notre nouveau ministre en Chine, était toujours à Shanghai, il poursuit les négociations avec le vice-roi. Un correspondant du Temps rapporte que le vice-roi aurait dit à notre représentant que la Chine n'entendait nullement se mettre en hostilité avec la France et nous déclarer la guerre. Sur quoi notre représentant aurait fait observer au vice-roi que, si des soldats réguliers chinois reparaissaient au Tonkin dans les bandes qui luttent contre nos troupes, ils s'exposaient, n'étant pas regardés comme belligérants, à subir le sort réservé aux bandes de pillards et à être passés par les armes. Voici le texte de la sommation adressée par le commandant Rivière au gouverneur annamite de Nam-Dinh avant la prise de cette ville. Monsieur le gouverneur, Depuis un an, vous avez eu envers nous l'attitude la plus hostile, et vous avez armé votre citadelle, autant que vous l'avez pu, de soldats et de munitions. Tout dernièrement, vous avez préparé des barrages que l'arrivée seule de nos bâtiments vous a empêché de faire. Depuis l'arrivée de nos bâtiments, vous avez encore augmenté vos armes et vos soldats, excité la population contre nous et proféré contre les Français des insultes et des menaces. Vous avez fait tout cela sans avoir été provoqué par nous, car j'avais même recommandé à mes capitaines de bâtiments de ne pas s'apercevoir de votre mauvaise volonté et d'user toujours de courtoisie avec vous, et si vous n'aviez pas fait de barrages, je ne vous aurais pas demandé raison de vos autres actes, La situation dont vous êtes seul la cause ne peut pas durer. Il faut, pour le respect qui nous est dû, pour la liberté de notre navigation, pour notre sécurité au Tonkin, pour que la paix ne soit plus menacée par vous, que la citadelle de Nam-Dinh soit désormais inoffensive pour nous, Et, pour cela, il faut que vous la remettiez entre mes mains. La citadelle ayant dès lors cessé d'être une ennemie pour nous, nous pourrons vivre avec vous dans de bons termes et vous pourrez garder avec vos mandarins l'administration de la ville et de la province. Si vous acceptez ces conditions, vous aurez, vous et vos mandarins, le Thuan-Phu et le Quan-An, à venir me voir demain matin à huit heures. Si vous n'êtes pas venu à bord, demain matin, à huit heures, de mon grand bâtiment blanc, je serai forcé de vous traiter en ennemi. Le délai que je vous indique est court, mais vous devez avoir réfléchi depuis assez longtemps aux conséquences de votre conduite envers nous pour que vous ne soyez pas étonné du peu de temps que je vous laisse pour prendre une décision. De cette décision dépendra, entre nous, la paix ou la guerre. Veuillez recevoir, etc. Le commandant en chef des troupes françaises, Signé: H. RIVIÈRE, 1863 C O. 10658 RECP REGP 22 JUN 23/ 321 S
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ournal des Delarts 16. COLONIES FRANÇAISES Jui Cochinchine et Tonkin. - Le ministère de la marine communique aux journaux la liste des hommes tués et blessés dans l'affaire d'Hanol, telle qu'elle lui a été envoyée de Salgon, le 13 juin : Tués. -- Equipage du Villars: Aubert, Gilles et Siam, matelots; Equipage de la Victorieuse Bocoguaus, Ferrand, Hervern, Le Montagner, Leneur, Lesaux, Manach, Philet, Raoul, Uguen, Vassal, matelots; Equipage du Léopard : Daves, gabier; 30 régiment d'infanterie de marine: Gra- pla, sergent-fourrier; Baby; Biscaya, Dubil- fot, Garrault, Giraud,, Laloue, Philippon, Pian, Seysset, soldats; Soit en tout 26 soldats ou marins. Le nombre des blessés est de 471 dont 15 appartenant à l'équipage de la Victorieuse, 8 à celui du Villars, 3 à celui du Léopard et 21 au 3* régiment d'infanterie de marine, - Aux dernières dépêches, M. Tricou, no- tre nouveau ministre en Chine, était toujours à Shanghai, il poursuit les négociations avec le vice-roi. Un correspondant du Temps rapporte que le vice-roi aurait dit à notre représentant que la Chine n'entendait nullemeni se mettre ́en hostilité avec la France et nous déclarer la · guerre. Sur quoi notre représentant aurait fait ob- server au vice-roi que, si des soldats réguliers chinois reparaissaient au Tonkin dans les ban- des qui luttent contre nos troupes, ils s'ex- posaient, n'étant pas regardés comme belli- gérans, à subir le sort réservé aux bandes de pillárds et à être passés par les armes. Voici le texte de la sommation adressée par le commandant Rivière au gouver- neur annamite de Nam-Dinh avant la prise de cette ville. Monsieur le gouverneur, Depuis un an, vous avez eu envers nous l'at- titude la plus hostile, et vous avez armé votre citadelle, autant que vous l'avez pu, de soldats et de munitions. Tout dernièrement, vous avez préparé des bar- rages que l'arrivée senle de nos bâtimens vous a empêché de faire. Depuis l'arrivée de nos ba- timens, vous avez encore augmenté vos armes et vos soldats, excité la population contre nous et protéré contre les Français des insultes et des menaces. Vous avez fait tout cela sans avoir été provo- qué par nous, car j'avais même recommandé à mes capitaines de bâtimens de ne pas s'aperce- voir de votre mauvaise volonté et d'user too- jours de courtoisie avec vous, et si vous n'aviez pas fait de barrages, je ne vous aurais pas de- mandé raison de vos autres actes, La situation dont vous êtes seul la cause ne peut pas durer. Il faut, pour le respect qui nous est dû, pour la liberté de notre navigation, pour notre sécurité au Tonkin, pour que la paix ne soit plus menacée par vous, que la citadelle de Nam-Dinh soit désormais inoffensive pour nous, Et, pour cela, il faut que vous la remettiez entre mes mains. La citadelle ayant dès lors cessé d'être une enneinie pour nous, nous pourrons vivre avec vous dans de bous termes et vous pourrez gar- der avec vos mandarins l'administration de la ville et de la province. Si vous acceptez ces con- ditions, yous aurez, vous et vos mandarins, le Thuan-Phu et le Quan-An, à venir me voir de- main matin à huit heures. Si vous n'êtes pas venu à bord, demain matin, à huit heures, de mon grand bâtiment blanc, serai forcé de vous traiter en ennemi. Le délai que je vous indiqué est court, mais vous devez avoir réfléchi depuis assez longtemps aux conséquences de votre conduite envers nous pour que vous ne soyez pas étonné du peu de temps que je vous laisse pour prendre une déci- sion. De cette décision dépendra, entre nous, la paix ou la guerre. Veuillez recevoir, etc. Le commandant en chef des troupes françaises, Signé: H. RIVIÈRE, 1863 C O. 10658 RECP REGP 22 JUN 23/ 321 S
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Jui

Cochinchine et Tonkin. - Le ministère de

la marine communique aux journaux la liste des hommes tués et blessés dans l'affaire d'Hanol, telle qu'elle lui a été envoyée de Salgon, le 13 juin :

Tués. -- Equipage du Villars: Aubert, Gilles et Siam, matelots;

Equipage de la Victorieuse Bocoguaus, Ferrand, Hervern, Le Montagner, Leneur, Lesaux, Manach, Philet, Raoul, Uguen, Vassal, matelots;

Equipage du Léopard : Daves, gabier;

30 régiment d'infanterie de marine: Gra- pla, sergent-fourrier; Baby; Biscaya, Dubil- fot, Garrault, Giraud,, Laloue, Philippon, Pian, Seysset, soldats;

Soit en tout 26 soldats ou marins.

Le nombre des blessés est de 471 dont 15 appartenant à l'équipage de la Victorieuse, 8 à celui du Villars, 3 à celui du Léopard et 21 au 3* régiment d'infanterie de marine,

- Aux dernières dépêches, M. Tricou, no- tre nouveau ministre en Chine, était toujours à Shanghai, où il poursuit les négociations avec le vice-roi.

Un correspondant du Temps rapporte que le vice-roi aurait dit à notre représentant que la Chine n'entendait nullemeni se mettre ́en hostilité avec la France et nous déclarer la · guerre.

Sur quoi notre représentant aurait fait ob- server au vice-roi que, si des soldats réguliers chinois reparaissaient au Tonkin dans les ban- des qui luttent contre nos troupes, ils s'ex- posaient, n'étant pas regardés comme belli- gérans, à subir le sort réservé aux bandes de pillárds et à être passés par les armes.

Voici le texte de la sommation adressée par le commandant Rivière au gouver- neur annamite de Nam-Dinh avant la prise de cette ville.

Monsieur le gouverneur,

Depuis un an, vous avez eu envers nous l'at- titude la plus hostile, et vous avez armé votre citadelle, autant que vous l'avez pu, de soldats et de munitions.

Tout dernièrement, vous avez préparé des bar- rages que l'arrivée senle de nos bâtimens vous a empêché de faire. Depuis l'arrivée de nos ba- timens, vous avez encore augmenté vos armes et vos soldats, excité la population contre nous et protéré contre les Français des insultes et des

menaces.

Vous avez fait tout cela sans avoir été provo- qué par nous, car j'avais même recommandé à mes capitaines de bâtimens de ne pas s'aperce- voir de votre mauvaise volonté et d'user too- jours de courtoisie avec vous, et si vous n'aviez pas fait de barrages, je ne vous aurais pas de- mandé raison de vos autres actes,

La situation dont vous êtes seul la cause ne peut pas durer. Il faut, pour le respect qui nous est dû, pour la liberté de notre navigation, pour notre sécurité au Tonkin, pour que la paix ne soit plus menacée par vous, que la citadelle de Nam-Dinh soit désormais inoffensive pour nous, Et, pour cela, il faut que vous la remettiez entre mes mains.

La citadelle ayant dès lors cessé d'être une enneinie pour nous, nous pourrons vivre avec vous dans de bous termes et vous pourrez gar- der avec vos mandarins l'administration de la ville et de la province. Si vous acceptez ces con- ditions, yous aurez, vous et vos mandarins, le Thuan-Phu et le Quan-An, à venir me voir de- main matin à huit heures.

Si vous n'êtes pas venu à bord, demain matin, à huit heures, de mon grand bâtiment blanc, jé serai forcé de vous traiter en ennemi.

Le délai que je vous indiqué est court, mais vous devez avoir réfléchi depuis assez longtemps aux conséquences de votre conduite envers nous pour que vous ne soyez pas étonné du peu de temps que je vous laisse pour prendre une déci- sion. De cette décision dépendra, entre nous, la paix ou la guerre.

Veuillez recevoir, etc.

Le commandant en chef des troupes françaises,

Signé: H. RIVIÈRE,

1863

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